Samuel, aujourd’hui âgé de 18 ans, est le dernier d’une fratrie de huit enfants — quatre filles et quatre garçons. Il est le seul enfant né de l’union entre sa mère et son père, colonel dans l’armée congolaise.
Après le décès de sa première épouse, le père avait épousé la mère de Samuel, mais celle‑ci est morte deux ans plus tard. Il s’est alors remarié une troisième fois. C’est cette dernière qui accusa Samuel de sorcellerie et le chassa du foyer, le poussant à vivre dans la rue.

Recueilli dans notre centre d’accueil en 2014, nous l’avons écouté et accompagné. Il nous a donné l’adresse de sa famille dans un camp militaire mais, lors de nos démarches de médiation, la marâtre — soutenue par le père — refusa de nous recevoir. Nous avons alors placé Samuel dans une famille d’accueil transitoire. Il y a poursuivi sa scolarité, obtenu son certificat de fin d’études primaires, puis entamé ses études secondaires.
Après dix années passées dans cette famille, un nouveau drame survint : la mère de la famille d’accueil est décédée. Le père et ses enfants nous ont alors informés qu’ils ne pouvaient plus garder Samuel, qui est donc revenu au centre Ndako Ya Biso.
Nous avons relancé les recherches en repartant des anciennes coordonnées du camp militaire. Le commandant nous a orientés vers le grand frère de Samuel.
En apprenant que son jeune frère était vivant, celui-ci a fondu en larmes : la famille le croyait mort depuis dix ans. Il nous a expliqué que leur père, avant de mourir, avait supplié la famille de retrouver Samuel, mais sans succès.
Nous avons accompagné Samuel chez son frère. Dès qu’il l’a vu, celui-ci s’est précipité vers lui, l’a serré longuement dans ses bras et lui a raconté l’histoire familiale. Il est ensuite allé annoncer la nouvelle à l’ensemble des proches : « Notre frère perdu est retrouvé après dix ans ! » La joie fut immense et la famille décida de le reprendre.
Après deux mois de préparation, la famille est venue officiellement récupérer Samuel au centre. L’oncle paternel, installé à Lubumbashi, a souhaité le prendre en charge et a envoyé un billet pour organiser son voyage.
Samuel vit désormais chez son oncle à Lubumbashi. Bien intégré parmi ses cousins, il poursuit ses études secondaires qu’il devrait terminer l’an prochain.
Nous livrons ces différents témoignages pour montrer la diversité des souffrances que vivent ces enfants des rues mais aussi l’espérance que nous parvenons à leur rendre.
Pour les aider, n’hésitez pas à
parrainer ces enfants des rues de Kinshasa.

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