L’éducation comme dernier rempart

Un pays sous tension
Haïti traverse une période d’incertitude profonde. Le 7 février marque la fin du Conseil Présidentiel de Transition qui quitte la scène sans avoir réussi à organiser les élections promises.
La corruption, l’impuissance face aux gangs et l’effondrement de l’autorité publique laissent le pays dans un état de fragilité extrême. C’est désormais le Premier ministre Alix Fils Aimé qui assume seul la direction du pays, chargé de restaurer la sécurité et de mener à bien un processus électoral dont personne ne sait s’il pourra réellement avoir lieu.
Pendant ce temps, les gangs continuent d’imposer leur loi. En 2025, plus de 8000 personnes ont perdu la vie, tandis que les enlèvements, les violences sexuelles et le recrutement forcé d’enfants se multiplient. Plus d’1,5 million de personnes ont été déplacées, fuyant des quartiers devenus inhabitables. Déjà exsangue, l’économie s’effondre davantage encore sous l’effet de la hausse du carburant liée à la guerre du Golfe, qui renchérit tous les produits essentiels.
Dans ce climat de tension, la situation sécuritaire se dégrade dans tout le pays. Des attaques meurtrières frappent le Sud-Est, la route du Sud est coupée, des péages illégaux se multiplient, et même la mer est désormais contrôlée par des groupes armés. L’aéroport international de Port au Prince, fermé au public, est devenu une base militaire américaine, tandis qu’une force internationale de 5000 hommes est en préparation.
La guerre aux portes de l’école

Au cœur de cette tourmente, Cité Soleil et Fourgy vivent une nouvelle flambée de violence.
Une guerre de gangs oppose depuis plus d’un mois les groupes armés de Cité Soleil à ceux de Croix des Bouquets.
L’école annexe de Fourgy a été endommagée et les cours ont dû être suspendus pendant une semaine fin mars. Le pont reliant Fourgy à Cité Soleil est bloqué, empêchant élèves et professeurs de se rendre en classe. De nombreuses familles ont dû abandonner leur maison, menacées par les balles perdues, et dorment désormais dans des places publiques ou dans l’école elle-même. L’État, une fois de plus, n’est jamais intervenu.

Cité Soleil, un quotidien bouleversé
A Cité Soleil, les conditions de vie restent extrêmement difficiles. L’insalubrité est omniprésente : les canaux, jamais nettoyés, débordent à chaque pluie, inondant les rues et favorisant la propagation du choléra et des maladies de peau. Médecins Sans Frontières intervient régulièrement, tandis que des groupes de jeunes du quartier s’organisent pour nettoyer les rues et tenter de restaurer un minimum d’hygiène.
Malgré tout, l’école tient bon

Dans ce contexte éprouvant, l’École Saint Alphonse continue de jouer un rôle essentiel. Le deuxième trimestre s’est déroulé de manière relativement stable à Cité Soleil, même si Fourgy a été davantage touché par l’insécurité.
La direction et les enseignants ont maintenu un rythme d’activités riche et structurant pour les enfants. Grâce aux efforts de chacun, les cours ont été assurés sans interruption majeure. Les contrôles du deuxième trimestre ont pû se tenir fin mars malgré les conditions particulièrement difficiles. Ils ont été suivis d’une rencontre pour renforcer le suivi du travail scolaire.
Des temps de détente essentiels

Organisé dans les deux écoles, le Carnaval a remporté comme chaque année un grand succès. La fête du Travail et de l’Agriculture a été célébrée à l’école le 1er mai. Quant à la fête du Drapeau, elle se prépare pour le 18 mai.
Tout au long de ces mois, les élèves ont également participé à des activités de détente : tournois sportifs, concours de danse et de chant, jeux ou encore défilés.
Ces moments extrascolaires leur permettent de se changer les idées, de se retrouver entre camarades et de garder un rythme de vie plus équilibré malgré les difficultés du quotidien. Ils contribuent aussi à maintenir une dynamique positive au sein de l’école.

Dans un pays où tout vacille, l’école Saint Alphonse demeure un point d’ancrage, un lieu où les enfants peuvent encore apprendre, jouer, se rassembler et espérer. Un espace de stabilité dans un environnement qui en manque cruellement.
Merci de nous aider à préserver cela !
Un grand merci de tout cœur à tous ceux qui soutiennent nos écoles et tous leurs enfants en Haïti.
Sans vous, rien ne serait possible !
Ils ont besoin de vous !
Pour seulement 10 € par mois, vous pouvez parrainer l’école St Alphonse en Haïti. Vous permettrez ainsi de scolariser dans de bonnes conditions les enfants du bidonville de Cité Soleil qui comptent sur nous pour échapper à l’enfer qui fait leur quotidien !
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